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Par delà la voie lactée et le sommet des montagnes



Clôturer le cycle d'une année et en commencer une nouvelle dans la pureté de la neige, recouvrant le flan des montagnes et leurs sommets aigus, contraste parfait avec les silhouettes des arbres découpées sur le ciel lui-même gelé. ; telle était mon envie et mon projet pour le mois de décembre 2018.


Accompagnée par les personnes les plus chères à ma vie aujourd'hui, j'ai pris ce séjour comme un voyage spirituel, une façon de laisser derrière moi ces derniers mois difficiles traversés dans la peine, semer sur la route ma tristesse, et saisir chaque opportunité de joie pour réparer mon coeur blessé. Je voulais me perdre dans les montagnes enneigées pour mieux revenir, inspirer cet air glacial et pur, ne jamais me retourner sur les traces de pas que je laissais à chaque nouvelle foulée. Regarder en avant, retrouver confiance, et me sentir happée par ce paysage incroyable, le laisser m'envahir, m'avaler, me dissoudre. Retrouver la sensation de ne faire qu'un avec le tout.

Je me souviens encore de la lueur rosée dans le ciel qui colorait tout ce qu'elle touchait le soir où nous sommes arrivés au chalet. Cette vue dégagée qui nous permettait de contempler la montagne au loin, accoudés à la rambarde du balcon, nos paroles échangées pour des banalités qui n'en sont jamais, dans des volutes de buée légères. Le hameau tout en haut du col dans lequel nous résidions pour quelques jours s'évanouissait dans la pénombre de la nuit tombante, tandis que nous étions heureux d'être ici, dans ce calme constant quelque peu perturbé par nos rires entremêlés. Tout semblait silencieux à l'extérieur, mais peut-être que dans les autres maisons voisines, des groupes d'amis étaient également assis autour d'une grande tablée pour partager un repas et des instants de vie. Les rassemblements des personnes qui s'aiment sont les coeurs brûlants des maisons restées trop longtemps inhabitées, enfin réchauffées par les blagues qui fusent et les animations incandescentes de chacun.

Le jour s'élevait après cette première nuit pendant laquelle mes traditionnelles angoisses m'avaient rendu visite, mais au réveil dans la chambre chaleureuse éclairée par la lumière du soleil filtrée par les rideaux, j'ai oublié en l'espace d'une seconde mes peurs irrationnelles. Entourée par les montagnes sans jamais me sentir enfermée un instant, j'ai inspiré l'air dans un état méditatif avec l'espoir un peu fou qu'il renouvelle chacune de mes cellules. Cette journée là, j'allais faire face à un traumatisme venu de l'enfance, à mes plus belles frayeurs, mais j'avais confiance grâce au soutien et à la présence de mes amis extraordinaires. Certes, ils n'ont pas pu empêcher mes chutes, ils n'ont pas pu me rattraper à chaque fois que je dévalais les pistes de ski pendant de longues minutes qui me semblaient interminables, ils n'ont pas pu m'arrêter à temps avant de finir dans un ravin après un petit vol plané, mais ils ont été présents pour m'aider à me relever, pour m'encourager, m'apprendre, recommencer encore et toujours croire en moi, dépasser mes blocages, continuer jusqu'à l'arrivée.... Mes amis n'ont pas pu empêcher mon coeur de se briser, ils n'ont pas pu réparer ce qui ne fonctionnait plus pour moi, mais ils ont été là pour laisser couler les larmes sans jugement, prêter leurs épaules et leurs mains tendue pour me soutenir, me guider vers un nouveau départ. C'est ce que font les amis. C'est ce qu'ont fait les miens et pour cela je leur en suis si reconnaissante. Après mes chutes plus impressionnantes que réellement dangereuses, nous nous sommes offert des fous rires inoubliables et des images gravées dans nos têtes. Finalement ce sont ces moments là que je retiendrai à la fin de ma vie. Je nous souhaite à tous de pouvoir se plier de rire en se tenant le ventre après nos plus belles chutes.

31 décembre 2018. Cela faisait seulement 10 jours que je m'étais sentie revenir à la vie, enfin, après des mois de vide, de chagrin discret, de silence, et de moments lents qui semblaient s'étirer dans un infini brumeux, là où le temps n'existe plus. Comme pour la majorité d'entre nous, à la veille du nouvel an, je bouillais dans cet état d'excitation et d'impatience collective, pour passer le portail symbolique du renouveau et de début de cycle. Sans me fixer de belles résolutions qui finissent toujours par être bafouées, je vibrais dans cette énergie particulière et l'espoir candide que cette fois-ci, ce serait différent. Oui, ça l'est toujours en vérité. Mais nous ne pouvons pas éviter la vie, toutes ses polarités. Nous ne pouvons pas la traverser en ne marchant que sur le fil de la lumière tel un funambule dans un équilibre douteux, en pensant naïvement que nous ne tomberons jamais dans les abysses frémissants sous nos pieds. Nous ne pouvons pas vouloir le jour rassurant en refusant la nuit terrifiante, ce n'est plus un secret. 2019 me réserve encore des abysses dans lesquels plonger à corps perdu, j'en suis consciente, mais je les explorerai cette fois-ci à une nouvelle lumière, moins vacillante, plus puissante et résistante à chaque brise et à mon propre souffle.

31 décembre 2018, j'ai profité de ce temps suspendu pour me promener et contempler la beauté du monde, dans une attente subtile et intérieure, dans un silence saisissant qui donnait encore plus de profondeur au paysage. Envahie par une sérénité apaisante, chaque respiration fut une libération ce jour là.

Une fois la nuit tombée, avant de partager un repas tant attendu, nous sommes sortis devant le chalet pour admirer de loin le feux d'artifice organisé dans la station qui se trouvait juste en face, sur l'autre flan de la montagne. Les couleurs vives explosaient dans le ciel, paraissant minuscules de notre point de vue, presque irréelles. J'ai admiré le spectacle pendant quelques instants, mais mon attention fut attirée par d'autres lumières, plus subtiles, plus lointaines, plus magiques. Jamais je n'avais pu admirer un ciel pareil jusqu'à maintenant, jamais je n'avais vu la voie lactée aussi définie, me donnant l'impression d'être encore plus proche de moi que ne l'étaient les feux d'artifices. Là, tout en haut de ce col de montagne, au sommet, je n'eus qu'à lever la tête pour l'avoir dans les étoiles.

Sans aucun matériel à ma disposition autre que mon appareil photo, j'ai fait tout mon possible pour essayer d'immortaliser cette vision incroyable, rien que pour le souvenir, en me moquant du résultat et de la technique, je désirais simplement retranscrire mon émotion pour la capturer, tandis qu'à côté, mes amis s'amusaient à dévaler les pentes sur des luges tout en hurlant - quel contraste parfait entre le tourbillon d'émotions saisissantes que je vivais intérieurement et leur explosion de joie à travers leurs rires. Mais ce fut le même bonheur qui nous traversera à cet instant précis.

Au lendemain du réveillon, j'avais prévu de rester seule, dans le calme, tandis que mes amis continuaient leur folle aventure sportive. Je ne les ai pas suivis à 6h du matin pour marcher jusqu'au plus haut sommet de la montagne et admirer le lever du soleil sur le premier jour de l'année, mais je suis sortie plus tard dans la journée, pour me tenir face à ces paysages dont je ne me lassais pas. Il y avait toujours quelque chose à regarder, à admirer, à contempler. A chaque instant du jour, les formes changeaient, les ombres se déplaçaient, laissant voir ce qui était alors invisible une heure auparavant. Regarder le monde à travers un appareil photo est un exercice particulier. C'est réellement avoir un troisième oeil, une compréhension différente de ce qui nous entoure, qui change en fonction de cadre et de la perspective que nous voulons bien lui donner. Je me suis mise à photographier le paysage comme si je faisais du portrait, et à cet instant j'ai été prise d'une émotion intense, en voyant les montagnes comme des personnes définies, avec leurs visages, leurs expressions uniques et personnelles. Tout était si parfait... Et je suis restée là jusqu'à la tombée de la nuit, capturant chaque changement de lumière, émerveillée par les trainées des avions qui prenaient la couleur feu du soleil couchant, se détachant parfaitement sur le ciel profond. Dans le silence, seule, heureuse, apaisée, prête pour une nouvelle année et pour tout ce qui m'est réservé. Si je reste toujours aussi bien accompagnée, je pourrais accomplir toutes les plus grandes missions de ma vie. L'amitié est réellement une des plus belles formes d'amour qui puisse exister...et je suis reconnaissante de pouvoir le ressentir, le vivre, et le partager.








Une magnifique année à tous, je vous souhaite le meilleur <3



#Promenade #reportage #personnel #realtalk

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