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January 14, 2019

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Et si j'abandonnais ma passion ?

07/31/2017

 

 

 

Bonjour à tous les lecteurs. Dans cet article plus que sincère, je me livre pour parler des peurs, doutes et obstacles en tant que jeune photographe, et en quoi le manque de confiance en soi peut-être un véritable frein à la possibilité de vivre ses rêves.

 

 

 

  • De la difficulté à oser

 

 

Je considère que j'ai vraiment commencé la photo depuis 2011. J'étais au lycée, et c'est surtout grâce aux cours d'arts plastiques donnés par un professeur merveilleux que j'ai pu développer mon penchant pour la photographie (Mr Poveda vous avez changé ma vie pour toujours). J'étais déjà attirée par cet art depuis l'enfance, je m'en suis peu à peu approchée pendant l'adolescence, pour ne faire plus qu'un avec lui aujourd'hui. En décembre 2015, j'ai pris la décision d'arrêter ma première année de Master en communication culturelle pour me lancer enfin dans la photographie et tout faire pour en vivre, pour ne penser qu'à ça et y consacrer tout mon temps. Par soucis familiaux, je n'ai pu ouvrir mon entreprise qu'à partir de juin 2016. Mais me voilà jeune auto entrepreneuse du haut de mes 22 ans ! Il y a quelques années en arrière, jamais je n'aurais pu l'imaginer. Mais ce que j'ignorais à ce moment-là, c'est que faire le premier pas de se déclarer "photographe professionnelle" n'était pas l'étape la plus compliquée du voyage.

 

 

 

 

Cette passion fait totalement partie de moi, j'en suis obnubilée, c'est par elle que je m'exprime, par son biais que je vois et appréhende le monde qui m'entoure. C'est une extension de mon être, et dès que je ne pratique pas, je me sens dépérir. Mais lorsque j'étais simplement photographe amatrice, cela ne regardait que moi, et personne ne pouvait me remettre en question, je le faisais pour moi, pour exister, pour m'ancrer, faire battre ce cœur, parce que ça ne me laissait pas le choix. C'était ça ou avoir un sentiment de vide permanent, une sorte de lassitude mêlée à la frustration. Pendant longtemps je ne voulais pas mêler d'autres personnes à cela, autre que mes amis proches. Je n'avais pas le courage ni la maturité pour m'exposer en tant que professionnelle, pour assumer mon travail et lui donner une utilité autre que "vitale" pour moi. Puis un jour j'ai osé.

 

 

 

 

J'ai osé dire non à un avenir qui ne me correspondrait pas, un quotidien sans saveur, une vie qui n'aurait pas été la mienne. J'ai osé croire suffisamment en moi pour me dire que j'avais les capacités pour le faire, que j'allais réussir. J'ai osé croire à la beauté de l'art qui sauve et qui peut aider à vivre. Croire en moi pour satisfaire des personnes qui font appel à mes services pour immortaliser un moment de leur existence en faisant confiance en mon oeil et en entrant dans mon univers. C'était beau d'y croire et de mettre toute mon énergie a l'oeuvre pour que cela se réalise. Mais peu à peu les zones d'ombres d'une autre réalité sont venues troubler mon ciel.

 

 

 

 

  • Gérer les montagnes russes 

 

 

Lorsque l'on exerce dans un domaine qui relève de l'artistique et de la sensibilité propre à chacun, cela peut être difficile de mettre de la distance entre soi et son activité professionnelle. Lorsqu'une personne remet en question mon travail, j'en suis directement, totalement, viscéralement touchée dans mon être et qui je suis, car ce que je fais, ce que je vois et capture sur mes photos, l'interprétation que j'exprime, c'est une grande partie de moi. Ce sont mes choix liés à ma personne, à celle que je suis dans cette vie et ce monde. Et parfois, les montagnes russes descendent très bas sous terre. 

 

 

Envisager de pouvoir faire de cette passion mon métier a toujours été un challenge pour moi. Depuis de longues années, et ce dans de nombreux domaines de ma vie, je manque de ce sentiment d’être légitime et assez forte pour proposer mes services (et en plus être rémunérée pour cela). Mais les pires instants ne sont pas forcément lorsqu'un client insatisfait du résultat le dit sans prendre de pincette (car dieu merci cela est rare), mais lorsque c'est moi-même qui me remet en question et n'arrive plus à voir l'aspect positif de mon univers. 

 

 

Je suis la plus sévère des juges lorsqu'il s'agit de mes photos. Je n'ai pas d’indulgence. Je ne m'épargne rien, et peut parfois vouloir tout arrêter parce que soudainement je passe de jeune femme chef d'entreprise à petite gamine qui n'est bonne à rien et n'a rien à apporter de nouveau dans ce domaine. Qui rate tout, qui gâche tout, qui fait moins bien que les autres. Ce sont les pires périodes et que je ne peux pas les contrôler, je ne me réveille pas un matin en me disant : "Tiens, aujourd'hui je vais un peu douter de moi !

 

 

Subir ces montagnes russes je pouvais me le permettre lorsque je n'étais pas photographe professionnelle, parce qu'alors elles ne pouvaient pas mettre mon activité en danger. C'est ce qui m'empêchait de franchir le pas à l'époque ; l'idée de subir ce yoyo incessant tout en devant gérer des personnes à satisfaire, croire en soi lors des prestations, faire de son mieux avec son cœur et sa tête, dépasser ses peurs et se mettre dans des situations où je dois faire mes preuves. Surtout que lorsque j'ai fait de la photographie mon activité à part entière, je me suis confrontée à d'autres domaines autre que la part artistique de ce métier. J'ai mis les deux pieds dans une réalité bien concrète et administrative, commerciale et stratégique, autrement dit des domaines où le doute en mes capacité est omniprésent. Encore et toujours cette belle vieille lacune de confiance en soi.

 

 

"La confiance en soi se gagne en gouttes et se perd en litres". Cette citation me correspond tellement et je pense que nous sommes nombreux à nous sentir concernés. J'ai mis des années à apprivoiser l'idée que je pourrais un jour devenir photographe professionnelle et répondre aux besoins des autres. Aujourd'hui, malgré mes efforts de croire en moi, je reste influençable et vite assaillie par les doutes. Mais que se passe-t-il lorsque je décide de reprendre le contrôle ?